Dans le blog précédent, « La souveraineté numérique : pourquoi tout ce tapage ? », vous découvrez les bases de la souveraineté numérique.
Il y a encore trois ans, personne n’en parlait, et aujourd’hui, on a l’impression que le terme « souveraineté numérique » est partout. Ce n’est pas un hasard ni un simple battage médiatique : il reflète plutôt une série d’évolutions géopolitiques, juridiques et technologiques qui se sont intensifiées ces dernières années.
Pourquoi la souveraineté numérique est-elle devenue un sujet de conseil d’administration ?
Le champ d’action en matière de cybersécurité est en pleine évolution, et avec lui, l’importance stratégique de l’origine des fournisseurs.
Le choix entre solutions européennes et internationales

Le rôle des fournisseurs européens
Les fournisseurs européens sont essentiels pour atteindre la souveraineté numérique. Leur rôle est multiple :
- Offrir des produits compétitifs : ils doivent proposer des solutions technologiquement performantes, capables de rivaliser avec les leaders mondiaux.
- Garantir la conformité légale : ils doivent veiller à ce que les données et les processus (par exemple, les informations sur les menaces et les environnements de test) restent conformes aux lois européennes et qu’elles soient à l’abri des contraintes de législations étrangères, telles que le Cloud Act.
- Apporter une expertise locale : ils possèdent souvent une connaissance approfondie des menaces régionales et des besoins spécifiques des entreprises européennes.
- Assurer la transparence : ils doivent garantir une transparence totale concernant leur technologie, leur développement et le flux de données, afin de renforcer la confiance des utilisateurs.
Comment les fournisseurs non européens peuvent s’adapter
Ils ne peuvent en aucun cas ignorer l’appel à la souveraineté numérique. Pour rester présents sur le marché européen, ils doivent :
- Investir dans des infrastructures en nuage souveraines : construire des centres de données au sein de l’UE et garantir juridiquement que les données stockées y restent effectivement sous contrôle européen. Microsoft et Google ont déjà entrepris des démarches dans ce sens, mais n’ont pas encore complètement atteint cet objectif.
- Se conformer aux réglementations : le respect avéré du RGPD, de la directive NIS2 et d’autres normes européennes constitue le strict minimum.
- S’associer avec des partenaires locaux : collaborer avec des acteurs européens peut renforcer la confiance des utilisateurs.
- Assurer la transparence : faire preuve de transparence concernant les flux de données et le traitement des requêtes de leurs gouvernements.
Le paradoxe du cloud souverain : les fournisseurs non européens ont-ils réussi ?
À ce jour, la réussite n’est pas encore totale. Malgré des investissements massifs dans des centres de données européens et d’importantes campagnes de communication, les géants technologiques américains se heurtent à un obstacle fondamental et difficilement surmontable.
Le cercle vicieux juridique : RGPD contre Cloud Act
Le problème n’est pas technique, mais juridique. Une société américaine, où qu’elle se trouve dans le monde, reste soumise au droit américain. Deux lois s’opposent frontalement :
- Le RGPD européen exige que les données des citoyens européens soient protégées contre l’accès de gouvernements étrangers, sauf si cet accès respecte les normes européennes strictes de nécessité, de proportionnalité et de contrôle judiciaire.
- Le Cloud Act américain permet aux autorités américaines de réclamer des données à toute entreprise technologique américaine, quel que soit l’endroit où ces données sont stockées.
Cette situation crée un véritable paradoxe juridique. Si Microsoft reçoit une demande du gouvernement américain pour accéder aux données stockées dans son centre de données de Dublin, l’entreprise doit coopérer conformément au Cloud Act, sous peine de violer la législation américaine. Mais si elle coopère, elle enfreint le RGPD, car cet accès ne respecte pas les garanties prévues par le droit européen.
En résumé, une société américaine ne peut tout simplement pas se conformer simultanément aux deux législations. Le conflit est structurel et, tant qu’il existe, la souveraineté numérique complète ne peut pas être atteinte via un fournisseur non européen.
Pourquoi AXS Guard by Approach Cyber soutient la souveraineté des données en Belgique
En tant que technologie 100 % belge et européenne, AXS Guard – désormais la plateforme de sécurité managée souveraine d’Approach Cyber – incarne pleinement les principes de la souveraineté numérique. Pour toute organisation qui prend cette question au sérieux, choisir un partenaire comme Approach Cyber, construit autour de la plateforme AXS Guard, constitue une décision à la fois logique et stratégique.
Choisir Approach Cyber et la plateforme AXS Guard, c’est :
- Contrôler ses données et son infrastructure, tout en renforçant son indépendance vis-à-vis des juridictions non européennes.
- Évoluer dans un cadre juridique européen stable, conforme au RGPD et à la directive NIS2.
- Bénéficier de compétences locales, adaptées au contexte réglementaire belge et européen.
- S’appuyer sur un partenaire fiable, à la fois ancré localement et compétitif à l’international.
Peut-on être souverain en dépendant des géants de la tech ?
Les avantages de la souveraineté numérique sont clairs. Mais a-t-elle vraiment du sens si votre organisation continue de dépendre des technologies de grands acteurs mondiaux qui ne sont pas à même de garantir cette souveraineté ?
La réponse est oui : c’est même la seule approche réaliste et stratégiquement intelligente. L’objectif n’est pas d’éliminer les géants de la technologie ; ceci est irréalisable pour la plupart des organisations. Il s’agit de reprendre le contrôle des points névralgiques de votre environnement numérique. C’est un enjeu auquel chaque responsable CISO et chaque directeur informatique est confronté aujourd’hui, et l’approche « tout ou rien » ne fonctionnera pas dans ce cas.
Voyez cela ainsi : vous ne pouvez pas posséder la voie publique (l’Internet) ni la ville où se trouve votre bureau (le cloud du géant technologique), mais vous pouvez contrôler qui franchit la porte d’entrée de votre bâtiment, quelles clés il reçoit, et placer vos biens les plus précieux (vos données) dans un coffre-fort hautement sécurisé. Nos solutions de souveraineté et de sécurité des données reposent exactement sur cette logique.
Rappelez-vous : il ne s’agit pas d’une logique exclusive. Il est parfaitement possible, et même recommandé, de profiter des avantages de productivité offerts par les géants de la tech tout en mettant en place une couche de sécurité souveraine robuste, avec un partenaire européen de confiance comme Approach Cyber, porté par la plateforme souveraine AXS Guard.
FAQ : souveraineté des données en Belgique
Qu’est-ce que la souveraineté des données ?
La souveraineté des données signifie que les données sont soumises aux lois du pays ou de la région où elles sont collectées ou stockées, et qu’elles restent protégées contre tout accès non autorisé de gouvernements ou juridictions étrangers.
Le RGPD entre-t-il en conflit avec le Cloud Act américain ?
Oui. Le RGPD exige des garanties strictes avant toute divulgation de données de citoyens européens à des autorités étrangères, tandis que le Cloud Act américain peut contraindre une entreprise américaine à remettre des données, quel que soit leur lieu de stockage. Une entreprise américaine ne peut satisfaire pleinement les deux lois à la fois.
Une organisation peut-elle être souveraine tout en utilisant Microsoft ou Google ?
Oui, en pratique. Une indépendance totale vis-à-vis des géants de la tech est rarement réaliste. La plupart des organisations combinent des plateformes cloud mondiales avec une couche de sécurité souveraine et européenne, comme la plateforme AXS Guard, pour garder la maîtrise de leurs données et infrastructures les plus sensibles.
Vous ne savez pas exactement à quel point votre infrastructure actuelle est réellement souveraine ?
Parlez-en à nos experts GRC et sécurité des données pour évaluer votre exposition aux juridictions non européennes, et identifier où une couche souveraine comme AXS Guard by Approach Cyber ferait la plus grande différence.